dimanche 3 mars 2013

Kalkbrenner

Nous remontons l'allée à vive allure, il fait froid. Mais nos coeurs sont chauds, nous savons ce qui nous attend. Présenter une première fois les billets, se laisser tâter, pénétrer dans l'enceinte, présenter une seconde fois le billet, entrer pour de bon, passer le tourniquet, arriver au bas des escaliers. 

Lever les yeux, regarder la foule qui, elle, est déjà là-haut et se laisser enfin bercer par les basses que l'on entendait depuis longtemps déjà. Gravir les marches, une à une, rapidement. S'avancer doucement. Le voir.

Tout en bas, au loin, de l'autre côté de cette marée humaine. Perché, derrière ses platines. Il a déjà commencé, nous venons juste d'arriver. Pourtant, c'est comme si nous n'avions rien raté. Les basses résonnent si fort et nous sommes déjà dans un état second.

S'ensuivent deux heures et demie d'un set impitoyable. Lorsque le rythme se fait plus lancinant, je me plais à imaginer que tu es derrière moi, collé à mon dos. Tes mains parcourent mon corps, épousent la courbe de mes hanches, de mes seins, caressent mes cuisses et remontent sous ma jupe. J'ai même imaginé tes doigts en moi, au milieu de cette foule immense, et c'était ce qu'il y avait de meilleur.

Mais tu n'es pas là. Alors on danse, on enfile les pintes et les clopes, on se défoule autant qu'on peut. 

Je voudrais que cela dure toute la nuit. L'électro me fait sentir vivante. J'ai plus d'énergie que lors de deux derniers mois. Je sens leurs regards sur moi et cela m'électrise encore plus. Je voudrais que cela ne s'arrête que lorsque je n'aurais plus de force. Malheureusement, il faut une fin à tout et Paul n'y échappe pas. 

Magistralement, Sky and Sand annonce le final et quel final ! La salle entière, cinq mille personnes vibrent à l'unisson. Dans l'exercice d'un art pur, le rappel sera Aaron. Exécuté à la perfection, Paul sait y faire.

Enfin, il faut quitter la salle, repartir, rentrer. Ne pas oublier, mais avoir la sensation que ce n'était qu'un magnifique rêve. Passé le temps d'un clin d'oeil. Je suppose que c'est cette cruauté qui rend les concerts si intenses.

lundi 14 janvier 2013

Ou comment se lever du bon pied dès le lundi matin


Vous n'aurez pas de référendum parce qu'il est anti-constitutionnel. Le gouvernement vous écoutera mais ne répondra pas par la positive. Vous aurez cette loi, parce qu'elle est juste et légitime. 

Que vous le vouliez ou non, les pays démocratiques l'adopteront tous les uns après les autres. Pour que tout ce "bon sentiment dégoulinant" soit autre chose que de l'hypocrisie déguisée et que la loi règle la chose une bonne fois pour toute. Pour que tous aient accès à la sécurité de voir leur famille et leurs biens protégés.

Refusez, vous ne ferez que rester en arrière, dans le passé, ancrés dans des façons de penser bientôt archaïques, déjà croulantes. Acceptez, vous ne ferez que reconnaître à tous les êtres humains le droit de se marier de façon égale CIVILEMENT. Votre monde vacille, en serez-vous en danger pour autant ? Je ne pense pas. 

Vous avez souffert la croix, le bûcher, les croisades, les guerres de religion, les persécutions (certains les souffrent toujours, d'ailleurs), mais vous avez survécu. Et vous survivrez encore. Votre voix a été entendue. Mais elle est faible, comme si elle était bien lointaine, comme si le temps qui a passé et repassé avait diminué sa force -et c'est le cas. C'est beau de croire et de se battre pour ses convictions. Mais de tout mon coeur, je vous crie que ce combat-là est perdu d'avance.