samedi 20 septembre 2014

Der Buhold

C'est une explosion. C'est un son qui monte doucement, progression qui en vient à prendre possession de mon cerveau. C'est cette impression que la musique est partout dans ma tête. Puis elle se répand dans mon corps tout entier et je voudrais voler. 

Je suis maître du monde. Mon pas est plus léger, ma démarche déterminée, je suis la plus belle. Le monde brille, tout va bien. L'avenir sera parfait.

L'eau court sur le trottoir, dévale les rues, engloutit les caniveaux, la ville toute entière. Elle inonde, comme la musique. Elle nous recouvre, nous emporte. Et je me sens en sécurité dans ce milieu qui épouse la moindre parcelle de mon corps. Il fait chaud, je ne suis pas seule.

Je cours, j'exalte. Je ris, je suis heureuse. Je suis au soleil, mes cheveux flottent au vent. La mer est là, immensité qui s'étend à perte de vue. Elle scintille de mille feux, elle pique nos yeux comme le -eil de soleil, cette immense masse ronde qui nous éblouit. Cela me démange : il faut partir ! Il faut danser ! Il faut respirer ! Il faut vivre, vivre ! Vite, vite ! Se soûler de cette ivresse la plus naturelle, la plus légitime ! Il faut être, toucher et voir, pour ne rien manquer, ne rien oublier, ne rien regretter ! Il faut lire le monde et le faire tourner ! Plus vite, plus vite ! Monte le son, ferme les yeux, emmène-moi n'importe où mais ailleurs, là où tout est plus radieux, plus beau, plus grand ! Et ne jamais penser à après. Il faut voir Paul. Encore. Parce que tous les chemins mènent à Paul. Et inévitablement, on y revient. À cet indubitable fait : il faut le voir. Le raisonnement est implacable : il faut aimer donc il faut danser donc il faut voir Paul.



C'était Der Buhold.

dimanche 3 mars 2013

Kalkbrenner

Nous remontons l'allée à vive allure, il fait froid. Mais nos coeurs sont chauds, nous savons ce qui nous attend. Présenter une première fois les billets, se laisser tâter, pénétrer dans l'enceinte, présenter une seconde fois le billet, entrer pour de bon, passer le tourniquet, arriver au bas des escaliers. 

Lever les yeux, regarder la foule qui, elle, est déjà là-haut et se laisser enfin bercer par les basses que l'on entendait depuis longtemps déjà. Gravir les marches, une à une, rapidement. S'avancer doucement. Le voir.

Tout en bas, au loin, de l'autre côté de cette marée humaine. Perché, derrière ses platines. Il a déjà commencé, nous venons juste d'arriver. Pourtant, c'est comme si nous n'avions rien raté. Les basses résonnent si fort et nous sommes déjà dans un état second.

S'ensuivent deux heures et demie d'un set impitoyable. Lorsque le rythme se fait plus lancinant, je me plais à imaginer que tu es derrière moi, collé à mon dos. Tes mains parcourent mon corps, épousent la courbe de mes hanches, de mes seins, caressent mes cuisses et remontent sous ma jupe. J'ai même imaginé tes doigts en moi, au milieu de cette foule immense, et c'était ce qu'il y avait de meilleur.

Mais tu n'es pas là. Alors on danse, on enfile les pintes et les clopes, on se défoule autant qu'on peut. 

Je voudrais que cela dure toute la nuit. L'électro me fait sentir vivante. J'ai plus d'énergie que lors de deux derniers mois. Je sens leurs regards sur moi et cela m'électrise encore plus. Je voudrais que cela ne s'arrête que lorsque je n'aurais plus de force. Malheureusement, il faut une fin à tout et Paul n'y échappe pas. 

Magistralement, Sky and Sand annonce le final et quel final ! La salle entière, cinq mille personnes vibrent à l'unisson. Dans l'exercice d'un art pur, le rappel sera Aaron. Exécuté à la perfection, Paul sait y faire.

Enfin, il faut quitter la salle, repartir, rentrer. Ne pas oublier, mais avoir la sensation que ce n'était qu'un magnifique rêve. Passé le temps d'un clin d'oeil. Je suppose que c'est cette cruauté qui rend les concerts si intenses.

lundi 14 janvier 2013

Ou comment se lever du bon pied dès le lundi matin


Vous n'aurez pas de référendum parce qu'il est anti-constitutionnel. Le gouvernement vous écoutera mais ne répondra pas par la positive. Vous aurez cette loi, parce qu'elle est juste et légitime. 

Que vous le vouliez ou non, les pays démocratiques l'adopteront tous les uns après les autres. Pour que tout ce "bon sentiment dégoulinant" soit autre chose que de l'hypocrisie déguisée et que la loi règle la chose une bonne fois pour toute. Pour que tous aient accès à la sécurité de voir leur famille et leurs biens protégés.

Refusez, vous ne ferez que rester en arrière, dans le passé, ancrés dans des façons de penser bientôt archaïques, déjà croulantes. Acceptez, vous ne ferez que reconnaître à tous les êtres humains le droit de se marier de façon égale CIVILEMENT. Votre monde vacille, en serez-vous en danger pour autant ? Je ne pense pas. 

Vous avez souffert la croix, le bûcher, les croisades, les guerres de religion, les persécutions (certains les souffrent toujours, d'ailleurs), mais vous avez survécu. Et vous survivrez encore. Votre voix a été entendue. Mais elle est faible, comme si elle était bien lointaine, comme si le temps qui a passé et repassé avait diminué sa force -et c'est le cas. C'est beau de croire et de se battre pour ses convictions. Mais de tout mon coeur, je vous crie que ce combat-là est perdu d'avance. 

vendredi 23 novembre 2012

ForrestGumpHerecomesthestoryoftheHurricaneAusecoursj'aibientôtvingtans

Happy Together 
Haïti
Rebellion (Lies)
Lies
Too old to sell, too young to tell, too much to everything,
Mirrors deflect light from their eyes,
Fact turns to fiction when we blink,
Things best forgotten don't you think,
Sit comfortably whilst telling lies
Never Follow Suit
It's for me, it's not for nobody else to see,
I don't care about nobody else seeing it,
All these other people  who don't write, they're excluded,
I don't care about them, no, the ydon't matter to me,
It's for us
Nantes
"-Lissandre ?
-Oh non, je t'en prie, nous ne sommes pas chez nous.
-Oh mais je t'assure que...
-Non, laisse-moi !
-Mais qu'est-ce que tu as aujourd'hui ?
-J'ai que les hommes me dégoûtent. Vous ne pensez qu'à ça..."

Côte sauvage, septembre, par Lou

samedi 17 novembre 2012

Saturday night fever

Bien sûr tu as sommeil. Sauf que tu sais que lorsque tu te réveilleras, ce sera demain. Ce sera dimanche. Et dimanche, tu pars. Tu quittes à nouveau ce lieu qui t'est si cher. Pour un autre qui t'est fort agréable aussi. Mais pas autant, pas encore. Ici, c'est bien. Ici, c'est chez toi. Lorsque tu te réveilleras, tu ne profiteras pas de cette journée parce que tu ne penseras qu'au départ. Départ qui arrivera beaucoup trop vite. Qui te privera encore et pour longtemps de ce dont tu as réellement envie, besoin. Alors tu ne veux pas dormir, pour en profiter le plus possible. Mais cela ne change rien, et tu es toujours fatigué. Deux ou trois jours, c'est trop court.



Je ne veux pas partir.

Paul Kalkbrenner - Gebrünn Gebrünn

mardi 6 novembre 2012

Considérations d'un six novembre

La vie ne sera jamais un long fleuve tranquille. Je vais échouer, tomber, me faire mal, me planter, me ramasser, faire du mal. Mais je vais aussi faire des expériences extraordinaires, des rencontres qui me changeront à jamais , acquérir des connaissances fantastiques et rire. Je vais aimer et être aimée, voyager, que ce soit à la manière du globe trotter ou de Sainte Thérèse de Lisieux. Je vais vivre et vous aussi.

Klangkarussell - Sonnentanz

Les élections américaines battent leur plein. Et alors que j'ai peur de ce qu'il pourrait advenir si Romney était élu (cf le lien suivant http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/06/les-ravages-d-une-presidence-romney), la BO de Tree of Life me ramène à des considérations plus spirituelles. Pourtant, tout semble si étroitement lié. Après tout, Malick est originaire du Texas et républicain. Mais cela ne fait par forcément de lui un mauvais bougre, là n'est pas la question. La beauté dont il fait l'éloge dans son chef-d'oeuvre -oui, ce film est un chef-d'oeuvre- elle, est en question. Je ferme les yeux et ne voit plus que ces si belles images. Des champs à perte de vue, l'eau, les arbres, le vert, le bleu, la Nature. La Nature avec un N majuscule. Celle qui nous fait vivre. A qui l'on doit tout. Et qui disparaîtrait. Puisque m. Romney n'a que faire de l'environnement. Ce qui est à l'origine, lorsqu'on y réfléchit, d'un léger paradoxe. En tant que fervent croyant, il se devrait de respecter ce que Dieu a créé, non ? Je veux des arbres, de l'herbe, des oiseaux qui chantent, de l'eau. Je veux de la Vie. 

Gustav Mahler - The Moldau River




J'aime beaucoup cette photo. Elle ne vaut rien, est prise depuis mon portable, pas cadrée, aucun souci de luminosité ni rien. Je l'ai prise sur le coup, parce que l'interrupteur m'a interpellée. D'abord lorsque, sans le voir, j'ai passé la main dessus pour allumer la lumière. Première surprise: le toucher n'est pas habituel. Oh! surprise, l'interrupteur est à l'horizontal. J'ai eu le béguin pour cet interrupteur si surprenant. C'est rigolo. Ce n'est qu'un interrupteur et pourtant c'est si anormal qu'il soit à l'horizontal. On s'attendrait presque à quelque chose d'extraordinaire. Evidemment, rien ne se passe, sinon que votre journée est illuminée par cette découverte amusante et cela met déjà pas mal de baume au coeur.

Lykke Li - I Follow River (The Magician remix)


lundi 10 septembre 2012

Mon amour de balcon
























See the Sea (Red), Passion folle et destructrice, ravageant tout sur son passage


Love Underlined, Que c'est excitant !


Second Lives, La vie moderne


Brandt Rhapsodie, Pas ça

See the Sea (Blue), Je me languis de toi