"Tandis que La Fontaine reste sans postérité, que Racine stérilise la sienne, que Hugo n'engendre que de médiocres disciples, Baudelaire a suscité une école où l'on trouve de très grands poètes. C'est qu'il n'était pas un aboutissement, mais un commencement." (Recherche active de la source, peut-être un Lagarde & Michard)
C'était différent, c'était même nouveau, c'était innovant, du jamais vu, une révolution, c'était plus rapide, plus fort, plus impressionnant, plus performant, à la pointe de ce qui se faisait de mieux, c'était beau.
C'était rassurant. Dans ce monde où, aujourd'hui, une des questions qui nous angoissent le plus est de savoir si tout a déjà été fait ou bien s'il y a encore de la place pour le nouveau. L'art est-il mort, voilà la question. Puisque l'art est le reflet de la condition humaine. Et lorsque l'on considère l'être humain, il est légitime de se demander si l'espoir est encore permis. Mais comme la plupart des films, de série z, blockbuster et parfois même d'auteur le montrent, la réponse est oui. Ce que l'on veut alors savoir, comprendre, c'est que si l'innovation est possible, quelle pourrait-elle être ? Après plusieurs millénaires d'histoire, n'est-il pas raisonnable de penser que tout a été fait? Lorsque l'on considère les merveilles, chef-d'oeuvres, pièces de maîtres réalisés, les genres et mouvements artistiques, la profusion, on s'interroge: y aura-t-il un jour un nouveau courant, comme ceux que l'on étudie ? Y aura-t-il un mouvement puissant qui brisera à nouveau les codes pour en proposer de nouveaux, qui inspirera à son tour toute une génération d'artiste ?
Il semblerait qu'il n'y aura plus jamais de courants à la manière des précédents. Les artistes inspirent et s'inspirent à foison, ils sont nombreux, ils pullulent presque. Alors surgit une nouvelle quête: qui est artiste, qui ne l'est pas ? (Entendez par là, par exemple: en cours, nous étions unanimes: Damien Hirst n'est qu'un trader, imposteur.)
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