J'ai trouvé. Toujours Amsterdam. Et The Radio Department, I don't like it like this. Assimiler un sentiment d'apaisement de détente, de plaisir délicat. C'était dans Marie-Antoinette. Il y a cette herbe chaude et douce, ce léger vent qui souffle sur mon visage, le soleil est quelque part derrière les hauts cyprès, ifs et leurs joyeux amis. Un parfum de liberté. Sun is shining, Birds are singing, flowers are blowing and I am lying. Je peux y rester allongée une éternité, rien ne m'appelle, rien ne m'attend. Je n'appartiens qu'à moi seule et je suis moi, dans toute mon essence et mon existence. Dans ce jardin secret que l'on renferme tous avec précaution. Une soudaine impression d'y être, encore. De n'être jamais rentrée. Mais il ne fait pas bon vivre dans le passé, comme dirait l'autre. Aujourd'hui, aujourd'hui il fait froid et il reste moins de deux mois.
Parfois, lorsque l'on pense à tout et à rien en même temps, il arrive de se sentir soudain hors de soi. Comme si l'on sortait de son propre corps pour se regarder, de l'extérieur. C'est particulier et le temps que l'on se rende compte de l'incongruité de l'impression, c'est déjà terminé. Mais ce n'est pas comme un rêve; on se souvient très bien d'avoir faire l'expérience de quelque chose d'important quant à soi-même. Est-ce cela, la transcendance ? Est-ce cela, l'âme ?
Il y a dans La Solitudine dei numeri primi ce passage, lorsque Mattia revient. Alba Rohrwacher sort de sa douche, en serviette, Bette Davis Eyes retentit déjà. Lorsqu'il prononce son prénom, elle ne répond pas et court dans sa chambre, au diable la serviette, son corps est décharné et pourtant beau. Elle nous livre alors ce moment de grand art, celui d'enfiler des collants en très exactement onze secondes. Onze secondes. Une prouesse. Lorsque l'on est pressé, nos gestes se font plus inexacts, maladroits. Et elle enfile sa robe, trébuche, se maquille, se recoiffe, pour enfin lui ouvrir. La musique est forte, mais juste assez pour ne pas couvrir leurs voix. Elle ouvre, on ne le voit pas. Et c'est intensément magnifique, parce-que c'est l'instant dont ils rêvent chacun depuis des années.
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| Edgar Maxence, La femme à l'orchidée |
And she'll tease you, she'll unease you
All the better just to please you
She's precocious, and she knows just
What it takes to make a pro blush
She got Greta Garbo's stand off sighs, she's got Bette David eyes

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